Enfin, une traversée cyclable de Toulon !
La mairie a annoncé ce jeudi la création d’une piste cyclable bidirectionnelle sur l’avenue de la République. Cet aménagement serait expérimenté dans les mois à venir pour répondre à des questions spécifiques de conception, notamment à la question s’il est possible de supprimer une voie de circulation pour sa création.
La création d’une piste sur l’avenue de la République est une étape importante pour mettre fin à la politique tout-voiture qui a longtemps enfermé Toulon dans un cercle vicieux d’embouteillages, suivi de la construction d’encore plus d’infrastructures automobilières, suivi de l’inévitable croissance de trafic. Le tout souvent au mépris flagrant de la législation en vigueur.
Depuis plusieurs décennies, les cyclistes toulonnais revendiquent alors une traversée sécurisante du centre-ville, revendication qui s’est, pour la plupart, heurtée à un refus catégorique de la part de la ville. D’autres fois, il était promis un aménagement sur l’avenue de la République, une fois le tunnel ouvert.
Des raisons pour réclamer de meilleures infrastructures cyclables ne manquent pas :
- Amélioration des embouteillages si même une petite partie des gens se mettent plus souvent à vélo.
- Une mobilité sécurisée pour les personnes qui ne veulent, ou qui ne peuvent pas conduire. (On rappelle qu’une bonne partie des foyers de Toulon ne disposent pas de voiture, et que les personnes âgées et les enfants ne peuvent souvent pas conduire.
- Une meilleure qualité de l’air.
- Les bénéfices pour la santé des cyclistes, et la réduction des coûts pour le système de santé qui en découlent.
- Une réduction de bruit, nuisance à la santé des riverains souvent mépris.
- Réduction des conflits entre cyclistes et piétons, souvent le résultat d’un partage d’espace dû à l’absence d’aménagements séparés.
Nous saluons alors cette initiative de la mairie. Le centre-ville de Toulon est l’un des points les plus problématiques en ce qui concerne les aménagements cyclables. Le nombre de traversées possibles se limite à quatre rues : le boulevard du Commandant Nicolas derrière la gare, le boulevard de Tessé devant la gare, les grands boulevards Strasbourg & Foch, et l’avenue de la République. Le boulevard du Commandant Nicolas est aménagé avec une piste bidirectionnelle, mais branché à rien, surtout côté ouest. Et en tout cas, il est trop éloigné du centre-ville pour vraiment servir de traversée du centre-ville, il s’agit plutôt d’un contournement. Les autres options souvent prônées sont celles de la haute ville, qui ne traverse pas l’intégralité du centre-ville, ainsi que le centre historique, qui sert actuellement de traversée, mais qui n’est en rien adapté pour un flux important de cyclistes du quotidien.
La mise en place d’un tel aménagement va forcément provoquer de vive critiques d’une partie minoritaire mais très vocale d’automobilistes, et nous sommes ravi de voir la maire assumer un choix qui peut paraître impopulaire – mais qui ne l’est en vérité pas, au moins pas autant que ça. En vérité, les gens, surtout quand on leur parle dans la vraie vie et non pas sur les réseaux sociaux, comprennent très bien les enjeux auxquels nous faisons face.
Nous faisons confiance qu’au moins une bonne partie des toulonnaises et toulonnais feront le choix sain et pratique de mobilité. Le vélo est le mode de choix pour plein de déplacements urbains. Chaque vélo de plus est une voiture de moins sur la route.
Et s’il y a une chose qui devrait faire consensus dans l’affaire, c’est peut-être ça : tout le monde est content s’il y a moins d’autres voitures sur la route.
